En Belgique, le premier entretien avec un expert-comptable est généralement gratuit — une opportunité que trop d'entrepreneurs négligent encore. Pourtant, un mauvais choix de professionnel coûte souvent bien plus cher que la différence d'honoraires entre deux cabinets : optimisations fiscales manquées, règles TVA ignorées, pénalités évitables lors d'un contrôle. Se préparer à cet échange, c'est déjà poser les bases d'une collaboration solide et rentable. Chez My Tax Consulting, cabinet d'expertise comptable établi à Ninove et fort de plus de vingt ans d'expérience, nous encourageons chaque entrepreneur à rencontrer au moins deux à trois cabinets avant de signer, car les approches, les outils et les tarifs varient considérablement d'un professionnel à l'autre. Voici les cinq questions essentielles à poser pour évaluer la compétence, la transparence et la valeur ajoutée de votre futur expert-comptable.
Avant même de prendre rendez-vous, pensez à rassembler vos données clés : chiffre d'affaires estimé, nombre approximatif de factures émises et reçues par mois, forme juridique de votre entreprise et assujettissement ou non à la TVA. Ces éléments sont indispensables pour que l'expert-comptable puisse établir un devis cohérent. Sans eux, toute comparaison entre deux offres restera superficielle.
C'est la première question à poser lors d'un entretien pour choisir votre expert-comptable en Belgique. La spécialisation sectorielle représente un avantage concret et mesurable. Un cabinet familier avec votre domaine anticipe naturellement les problématiques spécifiques : TVA sur la restauration pour l'horeca, seuils OSS/IOSS pour l'e-commerce transfrontalier, enjeux de propriété intellectuelle dans le digital, ou régimes particuliers applicables aux professions libérales.
Demandez précisément combien de dossiers actifs le cabinet gère dans votre secteur — pas dans une catégorie générique comme « PME » ou « indépendants ». Un expert qui suit au moins cinq à dix clients dans votre domaine sera en mesure de vous faire bénéficier d'optimisations que d'autres ignoreraient tout simplement. Interrogez-le également sur la durée moyenne de ses collaborations : un taux de rétention élevé traduit une satisfaction durable de ses clients.
Au-delà de l'expérience sectorielle, vérifiez que votre interlocuteur est bien un expert-comptable certifié ITAA. Ce point est loin d'être anodin : seul un professionnel inscrit au registre ITAA est légalement autorisé à réaliser certaines missions essentielles — liquidation de société, rapports de fusion, scission ou absorption, certification de comptes annuels, évaluation d'entreprises et audits contractuels. Pour les SRL et SA, le dépôt des comptes annuels à la BNB ne peut être effectué que par un professionnel agréé. Un comptable non certifié est légalement interdit d'exercer ces missions, même à un tarif inférieur. Si vos besoins se limitent à une comptabilité simplifiée en personne physique, cette distinction pèse moins, mais pour toute société, elle est décisive.
Le signal d'alerte à retenir ici est simple : des réponses vagues, l'incapacité à citer des exemples concrets ou des références uniquement génériques doivent vous inciter à poursuivre vos recherches ailleurs.
Conseil — Si vous êtes en phase de création d'entreprise, entamez vos démarches de recherche d'expert-comptable au moins 2 à 3 mois avant le lancement de votre activité. Un expert-comptable intervenant dès cette phase peut influencer des choix structurants : forme juridique (SRL vs personne physique), régime TVA, rémunération du dirigeant, constitution du capital. Attendre le dernier moment vous contraint à faire des choix fiscaux et sociaux sans accompagnement éclairé — des erreurs parfois très coûteuses à corriger ensuite.
La transparence financière est sans doute le critère qui génère le plus de frustrations quand il n'est pas clarifié dès le départ. En Belgique, les honoraires des experts-comptables sont libres — non tarifés par l'ITAA — mais trois modèles coexistent. Le tarif horaire oscille entre 80 € et 150 € de l'heure pour un expert-comptable certifié ITAA (contre 40 € à 60 € de l'heure pour un comptable non certifié — un tarif horaire inférieur à 40 € doit alerter sur l'absence possible d'agrément). Le forfait mensuel démarre aux alentours de 249 € HTVA par mois pour une SRL. Pour un indépendant en personne physique, comptez entre 60 € et 100 € par mois selon le volume de pièces. Enfin, le modèle mixte combine une partie fixe couvrant la tenue habituelle de la comptabilité (encodages, déclarations TVA récurrentes) et une partie variable ou forfaitaire pour les prestations spécifiques ponctuelles (bilan annuel, accompagnement lors d'un contrôle fiscal, plan financier). Ce dernier modèle convient particulièrement aux entrepreneurs dont l'activité est irrégulière ou en développement, car il permet de maîtriser le budget courant tout en évitant les mauvaises surprises sur les missions exceptionnelles.
Pour disposer d'un repère global, sachez que le coût annuel moyen d'une SRL complète — tenue comptable, bilan et déclarations fiscales — se situe entre 2 500 € et 3 000 € HT/an. Les forfaits sont par ailleurs révisables en fin d'année en fonction des écarts entre le volume de travail estimé et le volume réel — cette clause de révision doit impérativement figurer dans la lettre de mission.
Posez explicitement cette question : « Vos échanges par email ou téléphone sont-ils facturés, et au-delà de combien de questions par mois ? » En tarif horaire, chaque coup de téléphone peut apparaître sur la facture, générant des coûts imprévisibles. Un forfait mensuel vous garantit un budget fixe et vous libère de l'hésitation à contacter votre comptable pour un renseignement rapide.
Demandez également une liste écrite et exhaustive des prestations exclues du forfait. Certains postes sont systématiquement facturés en supplément :
Un rappel utile pour relativiser les écarts tarifaires : les honoraires comptables sont intégralement déductibles fiscalement en Belgique. Pour un indépendant imposé au taux marginal de 45 %, des honoraires de 1 000 € ne représentent en réalité que 550 € de coût net après déduction. Comparez donc toujours deux ou trois devis sur un périmètre identique de prestations, et non uniquement sur le prix mensuel affiché.
À noter — Un forfait mensuel inférieur à 40 €/mois pour une SRL doit être considéré comme un signal d'alerte immédiat. À ce niveau de prix, des services pourtant essentiels — dépôt BNB, déclarations fiscales, accompagnement lors d'un contrôle — sont systématiquement exclus du périmètre, ou le niveau de disponibilité du cabinet est insuffisant pour une société. Ce seuil ne couvre structurellement pas les obligations légales minimales d'une société en Belgique. Pour un indépendant en personne physique avec une activité très simple, un forfait bas peut toutefois être justifié si le périmètre est clairement délimité par écrit.
Cette question est devenue incontournable depuis le 1er janvier 2026. La facturation électronique via le réseau Peppol est désormais obligatoire pour toutes les transactions B2B entre entreprises assujetties à la TVA en Belgique. Les factures papier et les simples PDF envoyés par email ne sont plus valides. Pourtant, à la veille de l'échéance, plus de quatre entreprises belges sur dix ne disposaient pas encore d'un mandat Peppol opérationnel.
Lors de votre entretien, posez cette question concrète : « Votre cabinet est-il connecté au réseau Peppol et vos outils permettent-ils la réception automatique des factures électroniques ? » Un cabinet répondant « non » ou « pas encore » représente un risque de non-conformité légale pour vous en tant que client. L'arrêté royal du 8 juillet 2025 prévoit d'ailleurs des amendes graduées en cas d'absence de moyens techniques conformes.
Parmi les logiciels fiduciaires de référence en Belgique, citons Clearfacts, Exact Online, WinBooks, Odoo, Billit ou encore Silverfin. Billit mérite une mention particulière : adopté par plus de 3 500 cabinets comptables belges et compatible avec les 35 progiciels comptables les plus utilisés en Belgique, il constitue une référence fiable pour évaluer la maturité numérique d'un cabinet lors de l'entretien. Ces outils intègrent l'OCR — la reconnaissance automatique de documents — qui permet de déposer vos pièces directement dans l'application. Le logiciel les reconnaît, les classe et prépare les écritures comptables sans échange de clés USB ni email. Un expert-comptable n'utilisant pas ces solutions sera contraint de saisir manuellement les données, ce qui augmente le temps de traitement et, par conséquent, vos honoraires.
Vérifiez aussi l'existence d'un portail client en ligne accessible depuis ordinateur, tablette ou smartphone, ainsi que la conformité au RGPD pour les échanges de documents financiers via le cloud. L'absence totale d'infrastructure numérique constitue un signal d'alerte sérieux en 2026.
À noter — Depuis le 1er janvier 2026, l'arrondi de TVA est soumis à une nouvelle règle : il n'est désormais autorisé que sur le montant total par taux de TVA, et non plus ligne par ligne. Cette subtilité technique, méconnue de nombreux entrepreneurs, peut engendrer des écarts sur vos déclarations si elle n'est pas correctement paramétrée dans vos outils. Seul un expert-comptable à jour des obligations légales 2026 maîtrise ce type de changement — c'est un bon test de compétence à aborder lors du premier entretien.
Un contrôle fiscal ne prévient pas toujours longtemps à l'avance. En Belgique, l'administration peut vérifier vos déclarations dans un délai de 3 ans en arrière — voire jusqu'à 10 ans pour les pièces justificatives. Votre expert-comptable joue alors un rôle déterminant : il prépare les documents, interagit avec les inspecteurs en connaissance de cause et réduit significativement les risques de pénalités.
Imaginez un autre scénario courant : votre banque vous demande une attestation de chiffre d'affaires sous 48 heures pour débloquer un financement. Quelle réponse concrète apporte le cabinet ? Si la réponse se limite à « nous faisons de notre mieux », c'est un signal d'alarme. Exigez un délai de réponse défini contractuellement dans la lettre de mission — pas une simple promesse de principe. La différence entre un expert-comptable réactif et un cabinet débordé peut se chiffrer en milliers d'euros de retard ou d'opportunités manquées.
Exemple concret — Arnaud Kestemont, gérant d'une SRL active dans l'import de textiles techniques, a changé de cabinet comptable en 2024 après avoir subi un contrôle TVA. Son ancien comptable, facturant 55 €/mois en forfait, n'avait pas prévu l'assistance en cas de contrôle dans son périmètre de prestations — et ne disposait d'aucune disponibilité avant trois semaines. Résultat : Arnaud a dû engager un fiscaliste indépendant en urgence pour 1 800 €, en plus des 2 300 € de redressement sur des erreurs d'encodage TVA. En passant chez un cabinet certifié ITAA avec un forfait de 290 €/mois incluant l'accompagnement contrôle fiscal, il a certes augmenté son budget mensuel, mais il dispose désormais d'un interlocuteur joignable sous 24 heures et d'un suivi qui lui a permis de récupérer 4 200 € d'optimisations fiscales dès la première année.
Beaucoup d'entrepreneurs confondent encore le rôle purement administratif d'un comptable avec la dimension stratégique d'un expert-comptable certifié. Or, ce dernier peut — et doit — aller bien au-delà de l'encodage de vos factures. Concrètement, son conseil porte sur la planification des versements anticipés, l'optimisation de votre rémunération de dirigeant (arbitrage entre salaire et dividendes), le choix de la forme juridique la plus avantageuse, l'avantage fiscal lié à une voiture de société, ou encore l'élaboration d'un business plan solide pour obtenir un financement bancaire.
Pour évaluer cette dimension lors de l'entretien, demandez un exemple concret d'optimisation réalisée pour un client au profil similaire au vôtre. Si la réponse reste vague — « nous optimisons vos impôts » — relancez : « Sur quel levier précisément ? » Un expert-comptable de qualité doit pouvoir citer au moins deux ou trois axes d'optimisation adaptés à votre profil dès ce premier échange.
Un indicateur révélateur de la proactivité d'un cabinet concerne le seuil de franchise TVA, fixé à 25 000 € de chiffre d'affaires annuel en Belgique depuis 2024. En dessous de ce seuil, l'assujettissement à la TVA est optionnel pour certaines activités. Un expert-comptable véritablement stratégique doit aborder spontanément ce seuil lors du premier entretien avec un créateur d'activité, car le choix d'opter ou non pour la TVA a un impact direct sur la trésorerie et la relation avec les clients professionnels. L'absence de cette remarque lors d'un premier échange avec un futur indépendant est un indicateur de manque de proactivité.
Plus largement, un bon professionnel prend l'initiative de vous contacter avant les échéances fiscales importantes — déclarations TVA, acomptes ISOC, clôture d'exercice — plutôt que d'attendre passivement vos questions. Enfin, vérifiez qui sera votre interlocuteur habituel : dans les grands cabinets, le professionnel expérimenté qui vous reçoit lors du premier entretien délègue parfois le dossier à un collaborateur junior.
Conseil — Lors du premier entretien, posez également cette question rarement abordée spontanément : « Quelles sont vos conditions en cas de litige ou de retard de paiement ? » En effet, en cas d'impayé, l'expert-comptable peut exercer un droit de rétention sur l'ensemble de vos pièces et dossiers, ce qui bloque ou ralentit toute procédure de changement de cabinet. Ce risque concret doit être anticipé : assurez-vous que les modalités en cas de litige figurent explicitement dans la lettre de mission, et que les conditions de restitution des documents y sont précisées.
Avant de vous engager, une ultime vérification s'impose : consultez le registre officiel de l'ITAA sur itaa.be pour confirmer que votre interlocuteur est bien inscrit comme expert-comptable certifié. Seuls les professionnels enregistrés peuvent légalement tenir une comptabilité pour autrui en Belgique, conformément à la loi du 17 mars 2019. Travailler avec un praticien non agréé vous expose à des risques majeurs en cas de contrôle fiscal ou de litige. Tout professionnel agréé ITAA connaît son numéro d'inscription et ne s'oppose pas à sa vérification. Si votre interlocuteur ne peut pas citer son numéro ITAA personnel ou celui du cabinet, ou s'il tente de vous dissuader de vérifier, c'est un signal d'alerte immédiat indiquant une possible absence d'agrément — situation illégale en Belgique.
Assurez-vous également que la lettre de mission — document obligatoire imposé par l'ITAA — précise clairement les missions confiées, le montant des honoraires, les prestations exclues du forfait, les modalités de révision budgétaire et le délai de préavis en cas de résiliation (généralement trois mois). Ce délai de préavis de 3 mois court à compter du 1er jour du mois suivant l'envoi de la lettre recommandée de résiliation — et non à partir de la date d'envoi, ce qui modifie concrètement le calendrier de sortie. La lettre de mission doit également mentionner explicitement le mode de facturation des prestations exceptionnelles (taux horaire ou forfait spécifique) : sans cette mention, aucun devis n'est opposable en cas de litige sur une prestation hors forfait. L'absence de ce document constitue un manquement au cadre légal.
Les signaux d'alerte à retenir : un tarif anormalement bas sans explication de ce qui est exclu, l'absence de lettre de mission écrite, l'incapacité à citer un numéro ITAA, et le silence total sur la facturation électronique Peppol. Ne choisissez jamais un expert-comptable uniquement sur la base du prix le plus bas — une mauvaise gestion des versements anticipés ou des frais déductibles non réclamés peut coûter bien plus cher que l'écart d'honoraires entre deux cabinets.
My Tax Consulting, cabinet dirigé par Cyprien Muhire, expert-comptable et conseil fiscal certifié ITAA basé à Ninove, accompagne les entrepreneurs, indépendants et dirigeants de société avec transparence, réactivité et une relation client directe — sans intermédiaire. Que vous ayez besoin d'un accompagnement en comptabilité, en conseil fiscal, en création d'entreprise ou en opérations spécifiques comme la fusion ou la liquidation, nous vous invitons à profiter d'un premier entretien offert pour poser toutes vos questions et évaluer si notre approche correspond à vos attentes.